

EXTRAITS DE PRESSE
« Ce qui, dans le quartier de la Goutte d?Or, fut jusqu?en 1953 Le Lavoir Moderne Parisien, est aujourd?hui une salle d?une centaine de places. Rares sont les endroits d?urn?de leur fonction initiale qui s'adaptent aussi bien au spectacle. Est-ce la pierre des murs, le volume ou ces poutres qui pourtant « brisent » l?espace ? Au Lavoir Moderne, le th?re respire, les mots sont à l?aise, portés, peut-?e, par ces vapeurs qui se mêlaient aux voix des femmes venues là battre le linge et se donner des nouvelles du quartier. »
Brigitte SALINO ? LE MONDE
« Le Lavoir Moderne Parisien est l?un des plus jolis, des plus intéressant théâtre de Paris. Ancien lavoir ? comme son nom l?indique -, il est plein de charme et permet aux hommes de théâtre astucieux des scénographies passionnantes. Perdu au fond du XVIIème arrondissement, ce théâtre est comme un phare de culture. J?y ai vu, en tout cas, certains des meilleurs spectacles de Paris. »
Jean-Luc JEENER ? FIGARO MAGAZINE
« Le Lavoir Moderne Parisien, rue Léon, au c?ur de la Goutte d?Or, est un cube blanc soutenu en son milieu par des fûts alignés de bois sombre : une sortte de hangar rustique dont les proportions répondent à quelque salutaire nombre d?Or, et où en tout cas, les textes de théâtre respirent bien. »
Mathilde LA BARDONNIE ? LIBERATION
« Cela se passe dans un théâtre qui mérite la visite : c?est à l?orée nord de la Goutte d?Or, un vrai lavoir de campagne, qui a gardé ses charpentes, ses pierres et qui fait penser aux blanchisseuses peintes par Degas. »
Michel COURNOT ? LE MONDE
Emile Zola, la Goutte d'Or 1875 : le lavoir...
Un grand hangar, monté sur piliers de fonte, à plafond
plat, dont les poutres sont apparentes. Fenêtres larges et claires. En
entrant, à gauche, le bureau, où se tient la dame; petit cabinet vitré,
avec tablette encombrée de registres et de papiers. Derrière les vitres,
pains de savon, battoirs, brosses, bleu, etc. A gauche est le cuvier pour la
lessive, un vaste chaudron de cuivre à ras de terre, avec un couvercle qui
descend, grâce à une mécanique. A côté est l'essoreuse, des
cylindres dans lesquels on met un paquet de linge, qui y sont pressés
fortement, par une machine à vapeur. Le réservoir d¹eau chaude est là. la
machine est au fond, elle fonctionne tout le jour, dans le bruit du lavoir ;
son volant ; on voit le pied rond et énorme de la cheminée, dans le
coin. Enfin, un escalier conduit au séchoir, au-dessus du lavoir, une vaste
salle fermée sur les deux côtés par des persiennes à petites lames ; on étend
le linge sur des fils de laiton.
A l'autre bout du lavoir, sont d'immenses réservoirs de zinc, ronds. Eau
froide.
Le lavoir contient cent huit places.
Voici maintenant de quoi se compose une place. On a, d¹un côté, une boite
placée debout, dans laquelle la laveuse se met debout pour garantir un peu
ses jupes. Devant elle, elle a une planche, qu'on appelle la batterie et sur
laquelle elle bat le linge ; elle a à côté d'elle un baquet sur pied dans
lequel elle met l'eau chaude, ou l'eau de lessive. Puis derrière, de l¹autre
côté, la laveuse a un grand baquet fixé au sol, au-dessus duquel est un
robinet d'eau froide, un robinet libre ; sur le baquet passe une planche étroite
où l'on jette le linge; au-dessus; il y a deux barres, pour prendre le linge
et l'égoutter. Cet appareil est établi pour rincer. La laveuse a encore un
petit baquet sur pied pour placer le linge, et un seau dans lequel elle va
chercher l'eau chaude et l'eau de lessive.
on a tout cela pour huit sous par jour.
La ménagère paie un sou l'heure.
L'eau de javel coûte deux sous le litre. Cette eau, vendue en grande quantité,
est dans des jarres.
Eau chaude et eau de lessive, un sou le seau.
On emploie encore du bicarbonate - de la potasse pour couler. Le chlore est défendu.
Carnets d'enquêtes par Emile Zola.La Goutte d'Or 1875.
C?était un immense hangar, à plafond plat, à poutres apparentes, monté sur des piliers de fonte, fermés par de larges fenêtres claires. Un plein jour blafard passait librement dans la buée chaude suspendue comme un brouillard laiteux. Des fumées montaient de certains coins, s?étalant, noyant les fonds d?un voile bleuâtre. Il pleuvait une humidité lourde , chargée d?une odeur savonneuse , une odeur fade, moite, continue ; et, par moments, des souffles plus forts d?eau de javel dominaient. Le long des batteries , aux deux côtés de l?allée centrale , il y avaient des files de femmes, les bras nus jusqu?aux épaules, le cou nu, les jupes raccourcis montrant des bas de couleurs et de gros souliers lacés. Elles tapaient furieusement, riaient, se renversaient pour crier un mot dans le vacarme, se penchaient au fond de leurs baquets , ordurières, brutales, dégingandées, trempées comme par une averse, les chairs rougies et fumantes. Autour d?elles, sous elles, coulait un grand ruissellement, les seaux d?eau chaude promenés et vidés d?un trait , les robinets d?eau froide??les mares où elles pataugeaient, s?en allant par petits ruisseaux sur les dalles en pentes.
extrait de L?assommoir . E. Zola. 1877.
14 janvier 1909 - Un drame causé par l'ivresse a eu pour théâtre un lavoir du quartier
Ce jour là, le 14 janvier 1909, le journal hebdomadaire "les Faits-Divers Illustrés" relate un fait divers qui n'est pas sans rappeler la bagarre qui opposa Gervaise à une sa rivaledans le roman de Zola "L'Assommoir".
Le drame de la rue Labat :
"Un drame, causé par l'ivresse, a eu pour théâtre le lavoir Balcan, situé au numéro 11 de la rue Labat, au fond de Montmartre, près de la rue Custine et de la rue De Clignancourt.
Ce lavoir, dont parla beaucoup naguère parce qu'il fut détruit par un incendie, est dirigé par M. Georges Balcan qui a son domicile 83 boulevard Barbès.
M. Balcan était occupé à divers travaux dans son lavoir, lorsque le nommé J. Raibaut, âgé de cinquante-un ans, qui gère une cantine dans l'immeuble même où est situé le lavoir, voulut pénétrer dans l'endroit où sont occupées les laveuses.
Mais en raison de son état d'ébriété, M. Balcan lui donna l'ordre de se retirer. Furieux, le cantinier fit semblant de s'en aller ; en réalité, il rentra dans sa cantine où il prit un énorme couteau de cuisine et, se précipita sur M. Balcan, le frappa d'un violent coup de son arme.
Le propriétaire du lavoir poussa un cri terrible et tomba sur le sol, inanimé, atteint d'une profonde blessure à l'omoplate droite.
Les laveuses et plusieurs voisins se précipitèrent sur le meurtrier et l'accablèrent de coups. Les laveuses surtout, se servant de leurs battoirs, mirent le cantinier en facheux état, sa figure ne formait plus qu'une plaie.
Les inspecteur de police, Cousseau et Hietrich, avec les agents Berson et Marc Aubert, empëchèrent la foule d'écharper complètement le meurtrier et le conduisirent au commissariat de M. Dumas.
Pendant ce temps, M. Balcan reçevait des soins dans une pharmacie voisine, son état est grave. Le docteur Moison, médecin légiste, a été chargé de dresser un rapport.
Quant au meurtrier, interrogé par le distingué commissaire de police de la rue Lambert, il répondit simplement qu'il ne s'expliquait pas de son attentat, n'ayant rien contre M. Balcan. Il a été envoyé au dépôt toujours ivre."
Extrait de "les Faits-Divers Illustrés" du 14 janvier 1909.
Merci à Pascal de www.lagouttedor.net
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